• Florian Jas

DANS L'HISTOIRE !

1,2 secondes ... la balle orange quitte les mains du héros du soir, le temps s'arrête, le silence se fait, les joueurs des deux camps, les staffs, sans doute les téléspectateurs, tous ont le souffle coupé, la bouche grande ouverte, comme suspendus à ce ballon qui va décider du sort de la rencontre ... 1,2 secondes c'est le temps qu'il va mettre pour arriver dans le filet et faire exploser de joie toute une nation qui tient là le plus grand exploit de son histoire !

Dusan Mladjan vient de le faire, sur une passe de son frère Marko il vient de terrasser la Serbie, son pays natal. La Suisse est aux anges et les 0.5 secondes restantes au chrono ne permettront pas aux Serbes de gâcher cette joie immense, c'est fait, les gars s'imposent face à la Serbie 92 à 90 !!!

Evidemment c'est le fait marquant de la soirée mais il serait réducteur de résumer ce match au shoot du cadet de la fratrie Mladjan tant la performance collective des Suisses fut impressionnante.

Pas en panique face à la presse tout terrain si chère au coach Serbe Igor Kokoskov, les Suisses sortent les ballons brulants avec brio et parviennent à trouver des shoots ouverts dès les premières secondes de possession. Leur bon début de match et cette insolente adresse à 3 points les placent d'ailleurs devant à la pause (49-44) avec 70% de réussite derrière l'arc.

"Le plan était de bien démarrer la rencontre et être au contact au milieu du deuxième quart-temps, c'est ce que nous avons fait et le fait d'avoir rentré nos tirs ouverts nous a permis de jouer avec beaucoup de confiance, c'est ce qu'il faut quand vous souhaitez battre l'une des meilleures équipes du monde" Dusan Mladjan

Que ce soit en première mi-temps en trouvant des shoots ouverts ou lors du troisième quart-temps marqué par les fautes avec très rapidement deux équipes dans le bonus (au bout de 3"39) ce sont les Suisses qui dictaient le ton, emmenés par un Michel Ofik-Nzege énorme en défense et très précieux au rebond.

C'est d'ailleurs l'un des secteurs qui posait question avec peu de taille par rapport aux effectifs Serbes et Finlandais mais les Hélvetes ont tenu le choc dans ce domaine en n'étant dominés que de cinq petites unités par la Serbie.


LES TAULIERS ASSURENT

Il y a forcément certains joueurs que l'on attend plus que d'autres, les leaders techniques, les tauliers, ceux qui n'ont pas le droit de flancher dans les matchs et les moments fatidiques ... On peut assurer sans trop se mouiller que les cadres Suisses ont bien fait leur boulot, le joueur de Lille Jonathan Kazadi en tête (16pts, 8 rebonds, 7 assists), omniprésent à la construction et très juste techniquement pour venir profiter des brèches laissées par les deux Mladjan qui écartaient la défense Serbe loin de la raquette il aura une fois de plus été le grand patron de la Nati.

Que dire de Roberto Kovac (14 pts à 4/8 à 3pts) qui quand certains ont baissé le pied physiquement lors du deuxième acte a repris le flambeau en étant très impliqué défensivement et en retrouvant une confiance folle dans ses prises de shoots extérieurs qu'on ne lui a pour l'instant pas vu avec les Lions de Genève sur ce début de saison !

De gauche à droite Jonathan Kazadi, Marko Mladjan et Roberto Kovac qui ont tout trois brillé face à la Serbie. Crédit photo : Fiba EuroBasket



ILS SONT ALLÉS CHERCHER CE DESTIN

À travers ce dernier quart pratiquement maîtrisé de A à Z et pour la première fois dans cette phase de groupe les Suisses ont donné l'impression d'être aller écrire leur destin plutôt que de le subir.

Le chemin n'a pas été facile, les fantômes de la dernière fenêtre internationale où les Suisses avaient manqué de sang froid dans le money time semblaient ressurgir quand Roberto Kovac manquait un shoot à 3 points complètement seul dans le corner qui aurait sans doute assuré une victoire aux Suisses alors qu'il restait 59 secondes et qu'ils étaient devant 90-87. Ce fut aussi le cas lorsque Baldassarre se présentait sur la ligne des lancers-francs pour rater ses deux tentatives alors que les deux équipes étaient à égalité 90-90 à 35 secondes de la sirène, mais quelques secondes plus tard, en allant chatouiller l'arrière Serbe Danilo Andjusic, la Suisse s'offre 23 secondes et une dernière possession, la suite appartient à l'histoire. Et quelle belle histoire !


La Finlande a perdu hier soir face à la Géorgie et relance complètement la course à la qualification avec 3 équipes à égalité.


Pour que ce moment d'histoire ne soit pas sans lendemain il faudra répéter ce genre de performance face aux Finlandais et capitaliser sur cette confiance née d'une victoire au bout du suspens face à l'une des plus grandes nations de basket du monde.

LET'S WRITE HISTORY !!!


Florian Jas pour Le Cinq Majeur