Jeremy Landenbergue: 580 jours plus tard

Dernière mise à jour : 5 oct. 2021


Voilà un an que Jeremy Landenbergue n'a plus disputé le moindre match professionnel (Vosges Matin)

Il fait partie des joueurs qui ont totalement disparu de la circulation depuis maintenant deux saisons, Jeremy Landenbergue n'a plus foulé un parquet pour un match professionnel après sa dernière apparition avec le BBC Lausanne en Février 2020. Cela faisait longtemps, trop longtemps que nous n'avions pas entendu revenir le nom du meneur passé par Boncourt et Monthey pour ne pas nous pencher sur la situation d'un joueur dont le talent semble à la hauteur pour obtenir un contrat en SB League.


C'est triste et inquiet que le garçon de 28 ans nous a ouvert ses portes pour nous parler d'une situation qui si elle l'affecte énormément, n'a pas mis KO Jeremy Landenbergue, qui continue de s'entraîner quotidiennement malgré le peu de contact qu'il conserve avec les dirigeants et coaches du championnat :

"C'est très dur de me lever tous les matins et de trouver la motivation nécessaire pour repousser mes limites en m'entraînant tout seul ou avec Derek Winston (Morges, LNB) qui a accès à une salle. Je ne souhaite cette situation à aucun joueur et malgré l'absence d'intérêt des clubs du championnat, je continue de garder la passion pour le basket et l'espoir de revenir jouer un jour pour le premier club qui me demandera de rejoindre son projet. Je veux être heureux, et pour ça j'ai besoin de retrouver la compétition". Jeremy Landenbergue

Selon nos informations, le seul contact direct avec un coach ou dirigeant et Landenbergue remonte à quelques semaines où Andrej Stimac s'était intéressé à lui pour un rôle de back up à la mène après le départ de Jaunin au BBC Nyon. C'est finalement Justin Solioz qui avait complété l'effectif des pensionnaires du Pommier mettant ainsi fin aux espoirs d'un éventuel retour en Suisse pour un joueur qui semble souffrir d'une réputation de garçon trop concentré sur les réseaux sociaux comme nous l'a confié le dirigeant d'un club de SB League souhaitant rester anonyme :

"Jeremy est un garçon attachant. Je ne remets pas en question les qualités humaines et intrinsèques de l'homme et du joueur qu'il est mais c'est vrai que de le voir si peu à la salle et autant devant les objectifs sur les réseaux sociaux ne donnent pas une image attractive aux dirigeants. Il a cette image de model plus que de joueur qui lui colle à la peau"


C'est justement ce point précis qui agace l'intéressé qui a déjà eu affaire à de tels arguments dont il remet en doute la justesse et la pertinence en assurant que les réseaux sociaux sont seulement le reflet de ce que l'on souhaite y montrer :

"J'ai du mal à comprendre en quoi aimer la photo et les fringues n'est pas associable à une vie de basketteur pro ... Il y a des tas d'exemples au plus haut niveau, donc je trouve ce raisonnement bizarre pour rester poli. Les réseaux sociaux sont la représentation de ce que l'on souhaite y montrer et je n'aurais jamais pensé qu'y montrer autre chose que du basket m'aurait transformé en non basketteur aux yeux des dirigeants ..."

S'il est vrai que voir un joueur dispersé sur autre chose que son basket peut rebuter certains dirigeants, au moment de parler de baisse de performance, les réseaux sociaux sont selon notre expérience très loin derrière les jeux vidéo auxquels de nombreux joueurs jouent jusqu'aux aurores parfois la veille d'un match. Peut-être retrouveront nous les dirigeants de SB League à scruter le PSN des membres de leur effectif d'ici quelques années ...


UN JOUEUR ACTIF SUR LES RESEAUX SOCIAUX : BIEN OU MAL ?


C'est selon nous un atout que les clubs ont trop tendance à négliger ou à utiliser de manière non appropriée comme le montre l'exemple Landenbergue. Même si le choix sportif doit rester le critère n1 de sélection pour le bon fonctionnement et la performance d'une équipe, le fait d'engager un joueur dont la communauté sur les réseaux sociaux est forte et impliquée peut avoir des retombées positives pour son équipe. On constate régulièrement dans les championnats européens mineurs ou majeurs comme en NBA que la majorité des viewers de matchs retransmis sur YouTube ou autres plateformes ne sont en réalité pas des supporteurs de l'un des clubs mais bien des "suiveurs" d'un joueur en particulier. Même si notre basket ne bénéficie de quasi aucun droit de diffusion, il est évident qu'au moment de choisir le "Game Of The Week", la RTS ou My sports vont se pencher sur les audiences du début de saison et choisir les équipes les plus "bankable" pour décider de leur affiche ... Deuxième argument non négligeable même si trop peu de clubs semblent s'en être aperçus dans notre championnat, les réseaux sociaux sont aujourd'hui la possibilité pour ces derniers de créer facilement et de n'importe où une communauté pour ensuite développer son taux d'engagement. Instagram est par ailleurs le réseau social de référence au regard des possibilités qu'offre la plateforme (vidéos courtes ou longues, format article pour communiquer sur l'actualité du club, boutique en ligne intuitive et personnalisable etc ...) Bien souvent, les fans d'un joueur vont suivre le club dans lequel il joue et ainsi faire grandir sa communauté sur les réseaux sociaux. Un atout déjà considérable mais qui devrait selon toutes les études faites à ce sujet devenir incontournable dans avenir proche pour des clubs en constante recherche de partenaires, sponsors ou mécènes.


LANDENBERGUE SUR UN TERRAIN, CA DONNE QUOI ?


Passé par Boncourt, Pully Basket, le BBC Monthey ou lors de sa dernière apparition en SBL par le BBC Lausanne, Jeremy est ce qu'on pourrait appeler un meneur scoreur. Très à l'aise balle en main, il est capable de faire des différences grace à ses qualités sur premier pas quand il joue des 1vs1. Il est également capable de créer pour les autres sur des situations de Pick and roll où sa lecture de jeu reste perfctible mais convient tout à fait dans un championnat comme le nôtre. Statistiquement son apport est celui d'un bon joueur Suisse de SBL puisqu'en 102 matchs en carrière, le meneur tourne à 8.2 points et 2.8 passes décisives. Sur sa dernière saison avec Lausanne, il avait même très bien démarré en tournant à 13.4 points et 4 assists de moyenne sur les 9 premiers match avant l'interruption COVID. Une saison qui aurait du permettre à son joueur de trouver un nouveau contrat selon son coach de l'époque Randouald Dessarzin :

"Cette situation m'étonne vraiment. Malgré les conneries que l'on peut parfois entendre, Jeremy est un garçon en or et très sain pour un vestiaire. Je dirais même qu'il est un peu timide par rapport au poste auquel il évolue. Je ne sais pas vraiment quelles sont les raisons de sa disparition du paysage du basket Suisse car il s'entraine ... D'ailleurs plutôt bien lorsqu'il participe aux séances avec nous"

Malheureusement, les raisons semblent être celles évoquées plus haut dans cet article car les qualités sportives du joueur sont clairement au-dessus de la moyenne des joueurs locaux dans notre championnat ... L'avenir nous dira si l'un des 10 clubs de SB League engagés pour la saison prochaine misera sur Landenbergue, en attendant le meneur va devoir prendre son mal en patience comme depuis 580 jours ...


Florian Jas



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